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Sommaire
Un voilier demande plus d'équipement qu'un bateau à moteur de même longueur : il y a plus de manœuvres, plus de cordages, plus d'heures en mer et, souvent, de la navigation par mer formée ou de nuit. Ce guide passe en revue, par blocs, l'obligatoire, l'indispensable et ce qui rend la vie à bord plus agréable. C'est la liste que nous utiliserions pour préparer un voilier de croisière côtière de 7 à 12 mètres.
Ce qu'il faut prioriser
L'ordre compte. D'abord la sécurité individuelle : gilets de sauvetage automatiques avec harnais et lignes de vie. Ensuite une radio, un mouillage dimensionné, au moins deux manivelles de winch et de bons gants de voile. Ce n'est qu'après que viennent le confort (taud de mouillage, énergie solaire, glacière) et l'électronique de luxe.
Conseil : achetez d'abord ce qui évite à quelqu'un de tomber à l'eau ou aide à le récupérer. Un traceur neuf ne sert à rien si l'équipage ne porte pas de gilet.
1. L'obligatoire : équipement de sécurité
L'armement de sécurité obligatoire dépend de la catégorie du bateau et de la distance à un abri, et la liste exacte se vérifie auprès de l'administration des Affaires maritimes. En règle générale, il comprend des gilets de sauvetage, une bouée avec ligne, des moyens de signalisation pyrotechniques, des extincteurs, un moyen d'écopage, des feux de navigation, un signal sonore, un compas et, selon l'éloignement, un radeau de survie et une trousse de secours. Vérifiez toujours la liste en vigueur pour votre bateau.
Sur un voilier, nous conseillons au moins une pompe de cale manuelle fixe, utilisable depuis le cockpit avec toutes les écoutilles fermées. Voyez aussi nos extincteurs pour bateau.
2. Sécurité sur le pont : gilets, harnais et lignes de vie
La plus grande menace sur un voilier est de passer par-dessus bord et de rester en arrière. C'est pourquoi la sécurité sur le pont est la première dépense.
- Un gilet automatique avec harnais pour chaque équipier. Cherchez des gilets conformes à l'ISO 12402 avec une flottabilité adaptée à votre type de navigation (150 N ou plus pour le large). Les modèles à harnais intégré permettent de s'attacher à la ligne de vie. Contrôlez vos gilets automatiques chaque année : cartouche, bobine et état du tissu.
- Lignes de vie de l'avant à l'arrière et longes avec double mousqueton : voyez harnais et lignes de vie. On les pose en sangle plate, qui ne roule pas sous le pied, jusqu'au cockpit.
- Chandeliers et filières solides, sans jeu ni rouille (voyez chandeliers et mains courantes inox).
- Balise individuelle si vous faites des traversées ou naviguez de nuit, avec bouée et feu de repérage à portée de main.
3. Manœuvres : winchs, cordages et quincaillerie
Un voilier vit de ses manœuvres. Contrôlez chaque saison écoutes, drisses et bosses ; remplacez les cordages brûlés par le soleil et vérifiez que les bloqueurs mordent. Emportez au moins deux manivelles de winch, de préférence à verrouillage et dont une flottante : la cause la plus courante de perte est qu'elles sortent du winch et tombent à l'eau.
Vérifiez aussi les taquets et le reste de la quincaillerie : sur un voilier, ils travaillent sous de fortes charges et la visserie non marine finit par lâcher. Ces valeurs sont indicatives et dépendent du fabricant et de la matière :
| Longueur du voilier | Écoutes de génois | Amarres | Ancre à haut pouvoir de tenue (poids indicatif) |
|---|---|---|---|
| 7 m | 10 - 12 mm | 12 mm | 10 kg |
| 9 m | 12 mm | 12 - 14 mm | 14 kg |
| 12 m | 12 - 14 mm | 14 - 16 mm | 20 kg |
| 15 m | 14 - 16 mm | 16 - 18 mm | 33 kg |
Les poids d'ancre sont indicatifs pour des ancres à haut pouvoir de tenue ; les autres types doivent peser environ un tiers de plus et beaucoup de plaisanciers montent d'une taille. Pour renouveler vos cordages, voyez les amarres.
4. Mouillage : ce qui tient le bateau
Un mouillage sous-dimensionné « parce que le bateau est léger » est une erreur classique : le vent agit sur le mât et le gréement plus qu'on ne le croit. Emportez une ancre principale et une de secours, assez de chaîne (au moins trois à cinq fois la profondeur dans les mouillages abrités, davantage par vent fort) et un long cordage pour un deuxième mouillage. Si le bateau dépasse 10 mètres, envisagez un guindeau électrique : il ménage le dos et réduit le risque de blessure au relevage.
Retrouvez la procédure dans notre guide sur comment mouiller étape par étape.
5. Navigation et communications
- VHF fixe avec ASN et une VHF portable de secours : comparez dans VHF fixe ou portable.
- Traceur ou GPS avec cartographie à jour, et une seconde source de position (le téléphone n'est pas un secours fiable).
- Compas de route, jumelles 7x50 et cartes papier de votre zone : une panne électrique ne doit pas vous laisser sans position.
- Feux de navigation LED en bon état, avec ampoules ou fusibles de rechange.
6. Énergie et vie à bord
Un voilier au mouillage plusieurs jours a besoin d'énergie sans allumer le moteur : un panneau solaire bien dimensionné, une bonne batterie de service et un chargeur pour le port. Cela fait fonctionner glacière, éclairage et électronique. Voyez le guide du panneau solaire pour bateau pour calculer la puissance.
Côté confort, ce que vous apprécierez le plus : taud de mouillage ou bimini pour le cockpit, glacière à compresseur, ventilateurs 12 V, éclairage LED intérieur et vêtements de quart avec chaussures de pont antidérapantes.
7. Outils et pièces de rechange
Emportez une trousse à outils de base, du ruban autovulcanisant, des turbines et filtres de rechange, des manilles, des colliers et un kit de réparation de voiles. Ajoutez un couteau de sécurité accessible depuis le cockpit et une lampe étanche avec des piles de rechange. D'autres idées dans outils indispensables à bord.
Révision avant la saison
Consacrez une matinée au port à passer tout l'équipement en revue avec l'équipage. Vérifiez les dates de péremption des fusées et de la trousse de secours, la charge des extincteurs, l'état des cartouches des gilets, la tension du gréement et le fonctionnement des feux. Testez la pompe de cale et la VHF, et assurez-vous que chacun sait où se trouve chaque chose et comment s'en servir. Un équipement que personne ne sait retrouver en cas d'urgence revient à ne pas en avoir.
- Sécurité : gilets, harnais, lignes de vie, fusées, extincteurs, trousse de secours.
- Coque et pont : quincaillerie, chandeliers, vannes de coque, écopage.
- Manœuvres : cordages, poulies, winchs, bloqueurs, voiles.
- Électronique : VHF, traceur, feux, batteries.
Erreurs courantes
- Acheter de l'électronique avant d'avoir gilets, harnais et lignes de vie en ordre.
- Naviguer avec une seule manivelle de winch.
- Un mouillage sous-dimensionné « parce que le bateau est léger ».
- Ne pas faire réviser les gilets automatiques et le radeau dans les délais.
- Garder en service des cordages et écoutes dont la gaine est brûlée par le soleil.
- Ne pas repasser l'équipement avant la première sortie de la saison.
Si vous passez à un voilier plus grand, revoyez aussi le permis nécessaire et le coût de son entretien.
Équipement recommandé pour ce guide
Questions fréquentes
De quel équipement un voilier a-t-il besoin ?
Outre l'armement de sécurité obligatoire pour sa catégorie et sa zone (gilets, bouée, signaux pyrotechniques, écopage, extincteurs, mouillage, feux et signal sonore), un voilier a besoin d'équipement de manœuvre (manivelles de winch, bloqueurs et cordages en bon état), de harnais et de lignes de vie, d'une VHF, de moyens de navigation (compas, cartes, jumelles) et d'équipement personnel comme des gants et un ciré.
Quel gilet est le meilleur pour un voilier ?
Un gilet automatique de 150 N ou plus avec harnais intégré, pour pouvoir s'attacher à la ligne de vie avec une longe. Cherchez des modèles conformes à l'ISO 12402 et vérifiez la flottabilité exigée pour votre type de navigation.
Combien de manivelles de winch faut-il emporter ?
Au moins deux, et mieux encore une de rechange flottante. Les manivelles à verrouillage évitent qu'elles sortent du winch et tombent à l'eau, ce qui est la cause la plus courante de perte.
Faut-il une pompe de cale manuelle sur un voilier ?
C'est fortement conseillé. Une pompe manuelle fixe, utilisable depuis le cockpit avec toutes les écoutilles fermées, vous assure de pouvoir écoper même sans énergie. Vérifiez auprès des Affaires maritimes ce qui est exigé pour votre bateau.