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Sommaire
Le gelcoat est la peau du bateau : une couche de résine polyester pigmentée, de quelques dixièmes de millimètre, qui protège le stratifié de l'eau et du soleil. Un éclat non réparé laisse la fibre à nu, absorbe l'humidité et s'agrandit à chaque saison. Bonne nouvelle : la plupart des petits dégâts se règlent en un week-end, avec de la patience et du bon matériel.
Diagnostic : quel dommage avez-vous
Avant d'acheter quoi que ce soit, identifiez le type de dégât. Passez l'ongle dessus : s'il n'accroche pas, un polissage suffit ; s'il accroche sans que la fibre soit visible, il faut combler ; si l'on voit des fils blancs de fibre ou si la zone cède, c'est un travail de stratification.
| Dommage | Comment le reconnaître | Réparation | Difficulté |
|---|---|---|---|
| Rayures superficielles | L'ongle les sent à peine | Polissage à la pâte ; ponçage fin à l'eau si besoin | Faible |
| Rayures profondes | L'ongle accroche, sans atteindre la fibre | Comblement au gelcoat et ponçage | Moyenne |
| Éclat | Gelcoat manquant, stratifié sain | Gelcoat catalysé ou pâte de gelcoat | Moyenne |
| Fissures en étoile | Fentes rayonnantes, souvent près de la quincaillerie | Ouvrir en V, combler et traiter la flexion | Moyenne à élevée |
| Choc avec fibre abîmée | Fibre visible ou zone molle | Nouvelle stratification puis gelcoat | Élevée |
| Cloques sur les œuvres vives | Bulles qui suintent un liquide acide quand on les perce | Traitement de l'osmose | Professionnel |
Quels matériaux utiliser
Gelcoat avec durcisseur
C'est le matériau d'origine : une résine polyester pigmentée qui durcit avec un catalyseur (MEKP). C'est le meilleur choix pour les éclats et les rayures profondes au-dessus de la flottaison. Il existe sans paraffine, pour les couches intermédiaires (il reste collant au contact de l'air), et paraffiné ou top coat, pour la dernière couche, qui durcit en surface.
Pâte de gelcoat
Gelcoat épaissi qui ne coule pas à la verticale. Très pratique pour les éclats sur les flancs et le tableau arrière ; certaines formules contiennent moins de styrène et sentent moins fort. C'est l'option la plus simple pour une première réparation.
Mastic polyester ou époxy
Il sert à combler les creux profonds avant le gelcoat. Si vous terminez au gelcoat, le mastic doit être en polyester : le polyester n'adhère pas de façon fiable sur de l'époxy durci. L'époxy résiste mieux à l'eau et se réserve aux œuvres vives, avant l'antifouling, ou à une finition en peinture.
Petit matériel
- Acétone pour dégraisser.
- Spatules plastique et gobelets gradués ou balance de précision.
- Papier abrasif à l'eau du grain 320 au 2000 et une cale à poncer rigide.
- Film transparent ou ruban lisse pour isoler la réparation de l'air.
- Gants nitrile, lunettes et masque : le catalyseur est corrosif.
- Pigment pour ajuster la teinte si nécessaire.
Réparer un éclat pas à pas
1. Conditions de travail
Travaillez entre 15 et 25 °C, à l'ombre et sur une coque sèche. En dessous de 15 °C le gelcoat durcit mal ; par forte chaleur il prend trop vite et vous n'avez pas le temps de le travailler.
2. Nettoyage et dégraissage
Lavez la zone et passez un chiffon imbibé d'acétone pour éliminer cire, silicone et graisse. Une trace de cire suffit pour que la réparation se décolle quelques mois plus tard.
3. Ouvrir et chanfreiner
Avec une petite fraise ou un cutter, ouvrez l'éclat en V et retirez tout le gelcoat décollé ou fissuré jusqu'au matériau sain. Pour une fissure, suivez-la jusqu'au bout. Des bords chanfreinés offrent plus de surface d'accroche.
4. Ponçage d'accroche
Poncez l'intérieur du creux et une petite marge autour au grain 80-120. Aspirez la poussière et dégraissez à nouveau.
5. Préparer le gelcoat
Pesez le gelcoat et ajoutez le catalyseur dans la proportion du fabricant, en général entre 1 et 3 % du poids et environ 2 % à 20 °C. Mélangez lentement, sans fouetter, pour ne pas emprisonner d'air. Préparez de petites quantités : vous disposez de 10 à 20 minutes.
Attention : doser le catalyseur à l'œil est l'erreur la plus fréquente. Trop peu et il ne durcit pas ; trop et il durcit vite et devient cassant.
6. Combler
Appliquez à la spatule en appuyant pour éviter les bulles et laissez le comblement légèrement en surépaisseur : le gelcoat se rétracte en durcissant et se ponce ensuite à ras. Dans les creux profonds, procédez en deux ou trois couches.
7. Isoler de l'air et laisser durcir
Si le gelcoat n'est pas paraffiné, recouvrez la réparation d'un film ou d'un ruban lisse pour qu'elle durcisse en surface. Laissez au moins 24 heures, davantage par temps froid.
8. Ponçage à l'eau
Avec une cale rigide et de l'eau savonneuse, mettez à niveau puis montez en grain. La cale évite de creuser des « vallées » autour de la réparation.
| Étape | Grain | Objectif |
|---|---|---|
| Mise à niveau | 320-400 | Enlever l'excédent jusqu'au niveau de la coque |
| Affinage | 600-800 | Effacer les traces du grain précédent |
| Pré-polissage | 1000-1500 | Obtenir un mat uniforme |
| Finition | 2000 ou plus | Préparer pour la pâte à polir |
9. Polir et protéger
Polissez à la pâte jusqu'à retrouver la brillance et terminez par une cire. Les critères d'achat sont dans notre guide des polish et pâtes pour gelcoat.
Retrouver la bonne teinte
Le gelcoat blanc n'est pas un blanc unique : il existe plusieurs références RAL (9010, 9001, 9016) et les bateaux anciens tirent vers le jaune. Si possible, demandez la référence au chantier. Testez la teinte sur un morceau de ruban collé à la coque et, avant de décider, polissez une zone voisine pour voir la vraie couleur sans oxydation. Les pâtes pigmentaires permettent d'ajuster la teinte petit à petit ; notez les proportions au cas où il faudrait recommencer.
S'il reste une légère différence, polir tout le flanc l'atténue beaucoup. Pour le nettoyage préalable, n'importe lequel des nettoyants de coque du marché convient.
Fissures en étoile et osmose : quand ce n'est plus du bricolage
Les fissures en étoile viennent de chocs ou d'un stratifié qui fléchit, par exemple autour d'une chandelle qui travaille. Il faut les ouvrir en V jusqu'au bout de la fente et les combler. Mais si la cause est la flexion, la fissure reviendra : renforcez par l'intérieur avec une contre-plaque et vérifiez l'étanchéité de la pièce avec un bon mastic d'étanchéité marin.
Des cloques sur les œuvres vives qui suintent un liquide à odeur de vinaigre signalent de l'osmose. Quelques-unes peuvent être ouvertes, séchées et comblées à l'époxy ; une osmose étendue impose de peler le gelcoat, de sécher la coque pendant des semaines et d'appliquer un système époxy. C'est un travail de chantier. Même chose pour un choc avec fibre abîmée ou des zones molles : le problème est structurel et mieux vaut consulter un professionnel.
Erreurs classiques en réparant le gelcoat
- Ne pas dégraisser : la cire de la coque fait décoller la réparation.
- Catalyser à l'œil : pesez toujours.
- Laisser le comblement en creux : après ponçage, une dépression se voit en lumière rasante.
- Poncer sans cale : des ondulations apparaissent autour.
- Gelcoat sur époxy : l'adhérence n'est pas fiable.
- Reboucher une fissure qui se rouvre sans traiter sa cause.
- Travailler par temps froid ou humide : le durcissement reste incomplet et la surface collante.
Conseil : faites un essai sur un morceau de stratifié ou de carton ciré avec le même gelcoat et le même catalyseur. S'il ne durcit pas en surface, il manque de la paraffine ou une meilleure isolation de l'air.
Éviter d'abîmer le gelcoat
- Utilisez suffisamment de pare-battage, bien placés et à hauteur du quai.
- Passez de la cire deux fois par an : un gelcoat protégé se fissure et se tache moins.
- Protégez le davier d'étrave et la zone de l'ancre, où naissent beaucoup d'éclats.
- Contrôlez la base des pièces de quincaillerie : une fissure en étoile indique que la pièce travaille.
- Profitez de l'hivernage pour faire ces réparations sans hâte et à la bonne température.
Avoir à bord une bonne caisse à outils aide : fraise, spatules et cales à poncer sont ce qui manque le plus souvent.
Équipement recommandé pour ce guide
Questions fréquentes
Peut-on réparer soi-même le gelcoat ?
Oui. Rayures, éclats et petits chocs qui n'atteignent pas la fibre sont à la portée de tout bricoleur patient. Les dégâts structurels, les grandes surfaces et les cloques d'osmose sont à confier à un professionnel.
Quelle quantité de catalyseur mettre dans le gelcoat ?
En général entre 1 et 3 % du poids du gelcoat, 2 % étant courant à environ 20 °C. On en met moins par forte chaleur et un peu plus par temps froid, toujours dans la fourchette du fabricant. Pesez-le : à l'œil, on dépasse facilement.
Pourquoi le gelcoat reste-t-il collant après séchage ?
Parce que le gelcoat sans paraffine ne durcit pas complètement au contact de l'air. On y remédie avec un gelcoat paraffiné pour la dernière couche ou en recouvrant la réparation d'un film, d'un ruban lisse ou de PVA pendant le durcissement.
Peut-on appliquer du gelcoat sur du mastic époxy ?
Ce n'est pas recommandé, car le polyester n'adhère pas de façon fiable sur de l'époxy durci. Si vous terminez au gelcoat, comblez avec des produits polyester ; avec de l'époxy, terminez par une peinture compatible.
Comment retrouver la teinte du gelcoat ?
Demandez la référence au chantier si possible, testez la teinte sur un morceau de ruban et polissez d'abord la zone voisine pour voir la vraie couleur. Les pâtes pigmentaires permettent d'ajuster petit à petit.